Archive for the ‘Analyses’ Category

Panneau recto verso

17 mars 2012

La logique publicitaire n’a strictement rien à voir avec le bien public.

La raison, la réflexion, le respect et l’attention aux autres, le temps, la vie… tout ça c’est du vent pour le monde marchand.

Ce qu’il faut c’est glorifier tout ce qui détruit, tout ce qui asservi, tout ce qui donne l’illusion de la liberté mais jamais la liberté elle-même, tout ce qui perturbe les sens de chacun pour que tous aillent se vautrer dans l’achat.

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27 janvier 2012

J’ai trop trainé à l’écrire mais heureusement une autre personne l’a fait…

Sexisme chez les anti-pubs, par Sylvie Tissot

« J’ai pris ces deux photos le 31 décembre à la station du métro parisien Oberkampf. Mais depuis quelques semaines c’est aussi à Miromesnil, à Saint Michel et sur d’autres lignes que s’étale en grosses lettres le « pauv’ blonde » des marqueurs antipubs. J’avais d’abord trouvé le propos rigolo. Au slogan publicitaire d’un site de rencontre « J’ai découvert mon voisin sur le site CelibParis », la réplique était bien trouvée : « Moi, mon voisin, j’ai juste frappé à sa porte ». Bien trouvée mais malheureusement précédée d’un « Pauv’ blonde ». A quelques mètres de là, c’est par une « connasse » que le même militant avait trouvé malin d’exprimer son agacement face à une marque de vêtement et sa nouvelle collection « Miss France 2012 ». »

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Cass’ toi pauv’ pauvre !

3 janvier 2012

Regardez ! Mais regardez donc ce que vous n’aurez jamais !


Vous pouvez trimer, travailler plus pour vous faire entuber plus, ça ne sera jamais suffisant pour que vous puissiez vous payer du caviar et pouvoir l’étaler sur vos lèvres gercées.

Que croyez-vous ? Qu’il faille du mérité pour pouvoir faire comme elle ? Non, juste être bien né ou avoir arnaqué, volé, manipulé sans état d’âme.
Alors vous me direz que vous ne mangez pas de ce pain-là, que bouffer du caviar avec les doigts ne fait pas partie de vos valeurs ? Mais la publicité est là pour vous marteler que si ! Vos valeurs n’ont pas d’intérêt, votre morale, vos idéaux, ça rapportent rien, on s’en tape complètement.

On est là pour vous faire croire que vos quelques minutes de gloire à la télévision vous feront accéder à ça, que cela vous permettra de vous approcher de nous, mais ça vous cramera les ailes et ce que vous croirez gagner sera cent fois moindre que ce que ça nous rapportera. Vous serez toujours les dindons de la farce !

Allez ! C’est Noël, claquez vos tunes dans des jouets en plastiques bourrés d’électronique en souvenir de vos enfances massacrées par les marchandises futiles qui ne combleront jamais le vide rempli d’inutilités de vos vies de pauvre.

(Photo prise dans un quartier (très) pauvre du XIX° arrondissement de Paris)

Nucléaire : « les cons, ça osent tout … »

1 novembre 2011

Bonjour,

Circule sur le net et FB depuis peu une vidéo dont le culot va garantir une place au Panthéon de la bêtise.

L’intrigue est complexe : C’est une fête. Lui, il est petit. Elle est grande, blonde avec des gros seins. Donc « c’est pas gagner qu’il va la pécho », pour parler le jeune phallocrate.

J’explique pour ceux qui ne parlerait pas couramment le publicitaire : l’homme petit veut toujours assouvir son insatiable soif de sexualité (pourquoi donc, autrement, parler avec une femme ?) et les grandes blondes avec gros seins sont les femmes les plus attrayantes de la planète. Bon, elles sont un peu hautaines, mais si tu as une grosse voiture, tu peux la ramener dans ta caverne en la tirant par les cheveux. C’est que c’est simple, le monde du communiquant.

Bref, le héros (car le héros, c’est l’homme) aborde la jeune femme. Il lui demande si c’est une copine de machine, quel est son nom etc …

Léa regarde au loin et ne semble guère intéressé par José. On sent que c’est pas gagné. Bon, elle lui demande tout de même « Et sinon, tu travailles dans quoi ? » (ben, oui, des fois que… La grosse voiture etc …) Et José de brailler (la musique est forte) « Moi, j’viens d’être embauché dans le nucléaire ». Et là, tout le monde se fige puis les personnes convergent vers José manifestement passionnés et enthousiastes.

José et Léa arrivent à s’extraire de la soirée mais même dans la rue José est poursuivi par les gens formidablement intéressés.

Évidemment, cela évoque spontanément un proverbe populaire : »Les cons, ça osent tout, c’est même à ça qu’on les reconnait ». Mais, à la réflexion, vendre un métier entrainant une surexposition au nucléaire, un engagement dans une saloperie qui menace la planète et tout ça avec comme argumentaire « c’est vach’te bien pour draguer » … et surtout organiser une campagne de propagande nucléocrate basée sur le chantage à la création d’emplois, tout cela suscite l’adaptation d’un autre proverbe : « Pendre le dernier publicitaire avec les tripes radioactives du dernier nucléocrate »

Mathieu Colloghan

La vidéo est ici : http://www.youtube.com/watch?v=P_aPrGSAAJI&feature=player_embedded

« Grenelle de l’affichage » : rupture complète du dialogue

1 juin 2011

Communiqué de presse – 1 juin 2011

Collectif des déboulonneurs, Paysages de France, Résistance à l’Agression Publicitaire

« Grenelle de l’affichage » : rupture complète du dialogue

En fin de matinée une trentaine de militants de nos trois organisations ont bloqué le Ministère de l’Environnement pendant quatre heures. Des banderoles ont été déployées sur le trottoir et dix personnes sont entrées pour occuper la cour de l’Hôtel de Roquelaure.

Cette action visait le décret relatif à l’affichage publicitaire, découlant de la très permissive Loi Grenelle II : généralisation des bâches géantes, écrans publicitaires et aucune mesure efficace concernant la taille et la densité des panneaux…

Un article du Canard Enchaîné de ce jour révèle ce que nous savions de longue date. Ainsi une source ministérielle rapporte que « les gens de Decaux ont littéralement tenu [le] stylo pour écrire le décret. Dès qu’un truc ne leur plaisait pas, ils [le] faisait réécrire« .

Le président de la République a rappelé récemment que le respect de la loi était « intangible » : le comble serait que, dans le cas d’espèce, la loi soit écrite par ceux-là mêmes qui, depuis trente ans, l’ont violée.

Ainsi JCDecaux dicte et Madame Kosciusko-Morizet obéit. La Ministre se répandait récemment dans la presse sur l’art de politiser l’écologie ou d’écologiser la politique. Elle a fait son choix et devient la championne toutes catégories du blanchiment écologique !

Nous ne serons pas la caution morale du saccage organisé des paysages et de l’agression publicitaire. Madame Kosciusko-Morizet assumera les conséquences politiques de son inaction et de sa complicité sur ce sujet. Qu’elle ne prétende plus que cette thématique lui tient à cœur !

Enfin, n’ayant pu rencontrer la Ministre, et puisqu’il vaut mieux s’adresser à Dieu qu’à ses saints, nous irons prochainement discuter directement avec JCDecaux.

Pour plus d’informations sur ce décret, voir : http://www.deboulonneurs.org/article548.html

Action massive contre les écrans publicitaires espions de la RATP

25 novembre 2010

Mercredi 24 novembre 2010 – 23h00

En début de soirée, plusieurs groupes de personnes sont descendus dans les couloirs du métro parisien pour dénoncer l’installation des nouveaux écrans publicitaires espions ACL (Automatique à Cristaux Liquides, LCD en anglais) par la RATP et sa régie publicitaire Métrobus.

A l’aide de marqueurs, bombes de peinture aérosol et autocollants, ils ont méthodiquement apposé leurs messages sur les dispositifs incriminés pour alerter les usagers des dangers et nuisances que représentent ces écrans.

Un tiers des panneaux Numériflash actuellement en fonctionnement dans les couloirs du métro ont été atteints. Au total, 118 panneaux ont été touchés dans 16 stations (Chatelet, Gare de Lyon, Villiers, Gare Saint Lazare, Gare de l’Est, Nation, Auber, République, Grands Boulevards, Gare Montparnasse, Saint François Xavier, Miromesnil, Gare d’Austerlitz, Place d’Italie, Denfert-Rochereau et Port-Royal).

Selon Robert Johnson, porte-parole du collectif, « cette action vise à dénoncer les dangers démocratique, environnemental et social que représentent les nouveaux écrans publicitaires. Face à l’incurie de nos dirigeants et au mépris de la RATP qui bafoue son rôle de service public, il est légitime que des individus se révoltent et alertent les usagers des transports en commun face à cette nouvelle menace. »

Pour Norbert, activiste présent ce soir, « cela a été une magnifique action. J’ai été ravi de voir à quel point les personnes que nous avons croisées comprennent ce que nous faisons et nous félicitent. Ces encouragements ne font que renforcer ma conviction que nous agissons en phase avec l’opinion publique et dans le sens de l’intérêt collectif. Lorsqu’on leurs explique que des caméras installées dans les panneaux nous analysent en temps réel et permettent de déterminer notre sexe ou notre âge pour mieux cibler les publicités diffusées, ils sont autant scandalisés que moi. Nous ne sommes pas des rats de laboratoire ! ».

Ceci n’est qu’un début … A bientôt !

Dossier de presse complet, regroupant motivations et explications, disponible sur le site internet : http://www.danger-ecranpub.tk

Badinter au service du libéralisme

21 février 2010

Elisabeth Badinter est la principale actionnaire de l’agence de publicité Publicis dont elle tire sa rente (430 millions d’euros, soit la 61ème fortune du pays)[1]. Tout ce qui touche à la pub, son fonctionnement, ses valeurs… porte atteinte à ses intérêts financiers.

Son dernier livre voudrait alerter sur les danger d’une régression de la cause féministe. Pour cela elle prend pour cible les couches lavables, l’allaitement, le bio…
Elisabeth Badinter fait partie de ce courant de pensée finissant ayant mis dans l’idéologie du progrès tous ses espoirs d’un monde meilleur. Que ce monde meilleur nous ait apporté la pollution, la destruction de la biodiversité biologique et culturel, l’effet de serre et autres mal planétaires elle ne peut l’entendre. On ne peut remettre en cause le dogme religieux du progrès et de la croissance.

La publicité fait partie intégrante de cette idéologie, elle en est même l’avant garde, la manifestation culturelle envahissante, le texte sacré. C’est elle qui véhicule l’idée que les femmes s’occupent de la lessive, font les courses, s’occupent des enfants, font les repas, doivent être conforment aux courbes corporelles à la mode… Toutes visions de la femme bien loin de la cause que prétend défendre Badinter.

Parfois, l’image publicitaire de la femme semble aller l’encontre des vieux clichés. Elle aime alors son téléphone comme un homme, sa voiture comme un homme, son travail comme un homme, draguer comme un homme… Cette image est peut être plus acceptable pour Elisabeth Badinter. Mais où est la libération ?

Mes amies féministes sont loin des vieux clichés de femmes anti-mecs. Pour elles, leur libération est porteuse de quelque chose bien plus vaste, elles ne luttent pas contre mais pour. Faire accepter à la société sa part de féminité, c’est aussi aider les hommes à sortir de l’unique rôle que l’on veut éternellement leur faire tenir (agressivité, domination, cynisme, compétition, conflit…). Elle sentent bien que les hommes aussi sont fatigué de ces clichés.

En attaquant l’écologie, Elisabeth Badinter cherche surtout à régler ses comptes avec les frustrations et les ratages de sa génération. Car c’était quoi son projet ? Sortir l’humain de ses passions qui avaient produits deux guerres mondiales ? Régler enfin toutes les misères du monde par la technique ? Reconnaitre que l’individu avait autant de valeur que le groupe ? Sauf que toutes ces idées provenaient de la même source que celle qui avait produit les maux de sa génération. Pour une philosophe ne pas savoir que la société avance en balancier, que chaque idée à son contraire et qu’il est parfois difficile de situer clairement les frontières, que l’humain est pétri de contradictions me semble assez dramatique. Même un publicitaire le sait et en abuse dans ses techniques de manipulation.

Alors, sa génération n’a pas apportée le monde meilleur qu’elle avait promis, elle a même parfois empirer les choses, remplaçant une aliénation par une autre, multipliant et alimentant les guerres locales de ses zones d’influences, détruisant la diversité culturelle pour pouvoir vendre le même produit sur toute la terre, instaurant idéologiquement la haine des idéologies (alors que l’idéologie n’est que l’outil de pensée politique du moment avec ses croyances, ses erreurs, ses contradictions…. Vouloir supprimer cet outil, c’est vouloir arrêter de penser l’époque), appauvrissant la réflexion par l’instauration de la pensée unique, sacageant l’environnement par peur de la vie qui bouillonne…

L’écologie est la dernière idéologie arrivée dans le champ de la pensée politique tentant de réconcilier l’environnement et l’Homme. Plutôt que de combattre cet indispensable outil, elle ferait mieux d’essayer de l’enrichir et de lui apporter les nuances dont il a encore largement besoin puisqu’elle n’est que le reflet de son époque, en attendant le murissement du prochain outil.

Au lieu de tout cela Elisabeth Badinter, sous couvert de vouloir mettre la cause féministe au dessus de tout, la met au service du libéralisme. Libérer les femmes en les soumettant aux lois du marché !

Que veut Elisabeth Badinter au final ? Permettre aux femmes d’être aussi connes que les mecs… Un combat pour la médiocrité planétaire qui lui permettra de toucher encore d’avantage de dividendes…

[1] Badinter, une page de duplicité, Le Canard Enchaîné, 17 février 2010.
Elisabeth Badinter contre le féminisme : affaires de pub ?
Elisabeth Badinter ( Publicis) : l’idéologie publicitaire pour justifier les nuisances.
Elisabeth Badinter, contre le terrorisme des couches lavables.