Badinter au service du libéralisme

Elisabeth Badinter est la principale actionnaire de l’agence de publicité Publicis dont elle tire sa rente (430 millions d’euros, soit la 61ème fortune du pays)[1]. Tout ce qui touche à la pub, son fonctionnement, ses valeurs… porte atteinte à ses intérêts financiers.

Son dernier livre voudrait alerter sur les danger d’une régression de la cause féministe. Pour cela elle prend pour cible les couches lavables, l’allaitement, le bio…
Elisabeth Badinter fait partie de ce courant de pensée finissant ayant mis dans l’idéologie du progrès tous ses espoirs d’un monde meilleur. Que ce monde meilleur nous ait apporté la pollution, la destruction de la biodiversité biologique et culturel, l’effet de serre et autres mal planétaires elle ne peut l’entendre. On ne peut remettre en cause le dogme religieux du progrès et de la croissance.

La publicité fait partie intégrante de cette idéologie, elle en est même l’avant garde, la manifestation culturelle envahissante, le texte sacré. C’est elle qui véhicule l’idée que les femmes s’occupent de la lessive, font les courses, s’occupent des enfants, font les repas, doivent être conforment aux courbes corporelles à la mode… Toutes visions de la femme bien loin de la cause que prétend défendre Badinter.

Parfois, l’image publicitaire de la femme semble aller l’encontre des vieux clichés. Elle aime alors son téléphone comme un homme, sa voiture comme un homme, son travail comme un homme, draguer comme un homme… Cette image est peut être plus acceptable pour Elisabeth Badinter. Mais où est la libération ?

Mes amies féministes sont loin des vieux clichés de femmes anti-mecs. Pour elles, leur libération est porteuse de quelque chose bien plus vaste, elles ne luttent pas contre mais pour. Faire accepter à la société sa part de féminité, c’est aussi aider les hommes à sortir de l’unique rôle que l’on veut éternellement leur faire tenir (agressivité, domination, cynisme, compétition, conflit…). Elle sentent bien que les hommes aussi sont fatigué de ces clichés.

En attaquant l’écologie, Elisabeth Badinter cherche surtout à régler ses comptes avec les frustrations et les ratages de sa génération. Car c’était quoi son projet ? Sortir l’humain de ses passions qui avaient produits deux guerres mondiales ? Régler enfin toutes les misères du monde par la technique ? Reconnaitre que l’individu avait autant de valeur que le groupe ? Sauf que toutes ces idées provenaient de la même source que celle qui avait produit les maux de sa génération. Pour une philosophe ne pas savoir que la société avance en balancier, que chaque idée à son contraire et qu’il est parfois difficile de situer clairement les frontières, que l’humain est pétri de contradictions me semble assez dramatique. Même un publicitaire le sait et en abuse dans ses techniques de manipulation.

Alors, sa génération n’a pas apportée le monde meilleur qu’elle avait promis, elle a même parfois empirer les choses, remplaçant une aliénation par une autre, multipliant et alimentant les guerres locales de ses zones d’influences, détruisant la diversité culturelle pour pouvoir vendre le même produit sur toute la terre, instaurant idéologiquement la haine des idéologies (alors que l’idéologie n’est que l’outil de pensée politique du moment avec ses croyances, ses erreurs, ses contradictions…. Vouloir supprimer cet outil, c’est vouloir arrêter de penser l’époque), appauvrissant la réflexion par l’instauration de la pensée unique, sacageant l’environnement par peur de la vie qui bouillonne…

L’écologie est la dernière idéologie arrivée dans le champ de la pensée politique tentant de réconcilier l’environnement et l’Homme. Plutôt que de combattre cet indispensable outil, elle ferait mieux d’essayer de l’enrichir et de lui apporter les nuances dont il a encore largement besoin puisqu’elle n’est que le reflet de son époque, en attendant le murissement du prochain outil.

Au lieu de tout cela Elisabeth Badinter, sous couvert de vouloir mettre la cause féministe au dessus de tout, la met au service du libéralisme. Libérer les femmes en les soumettant aux lois du marché !

Que veut Elisabeth Badinter au final ? Permettre aux femmes d’être aussi connes que les mecs… Un combat pour la médiocrité planétaire qui lui permettra de toucher encore d’avantage de dividendes…

[1] Badinter, une page de duplicité, Le Canard Enchaîné, 17 février 2010.
Elisabeth Badinter contre le féminisme : affaires de pub ?
Elisabeth Badinter ( Publicis) : l’idéologie publicitaire pour justifier les nuisances.
Elisabeth Badinter, contre le terrorisme des couches lavables.

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