L’œuvre, c’est la marchandise

Le drame de nos sociétés occidentales est qu’il n’y a plus rien à voir, juste à posséder.

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Le capitalisme n’est pas un domaine de création, en principe, juste un système d’échanges économiques. A force d’envahir les autres champs, bien souvent immatériels (la santé, la culture, la pensée…), il en vient à les vider de leurs sens, à en faire des marchandises à son propre service.

On ne regarde plus un Picasso ou un Van Gogh mais un rectangle de 1 million de dollars. C’est désormais du montant de sa dernière vente que provient l’émotion, il valide sa beauté et l’intérêt que l’on doit lui porter. Mais comme ces œuvres sont rares et réservées à l’élite, il faut trouver autre chose à vendre en masse pour les masses.

La télévision a sans doute été le premier média de masse véritablement abandonné au capitalisme. Que les chaînes soient privées ou publiques, elles se confondent dans leur exploration de la médiocrité. Malgré son incroyable capacité à capter l’attention, la plus part des gens ont une opinion de ce miroir déformant et avilissant, c’est pourquoi les publicitaires de cette affiche on dû tenter quelques télescopages audacieux.

Le poste a été placé dans le musée d’Orsay, celui qui contient les œuvres de peintres que la bourgeoisie de leur époque n’a su comprendre mais surtout acheter comme ils auraient dû pour investir. Le téléviseur devient pour un temps, le cadre d’une des peintures les plus chère du monde ,donc forcement, une des plus belles. Par contamination, il devient ce qu’il présente : une œuvres à son tour.

Il faut alors fermement convaincre que le poste est une œuvre d’art car il ne révèle rien, il reproduit, copie et dégrade techniquement quelque chose qui bouleversa la vision du monde de son temps. De plus, une fois possédé, le téléviseur s’avérera une simple boite au regard vide ne nous renvoyant que le désenchantement de notre époque…

7 Réponses to “L’œuvre, c’est la marchandise”

  1. Syl69 Says:

    un slogan qui fait un peu peur, surtout quand on voit ce qu’en fait les médias
    cf ma note d aujourd’hui

  2. Vendetta Says:

    Merci pour ce blog de qualité, continuez comme ça🙂

  3. Diatribekarma Says:

    Point très pertinent… et effrayant…

  4. Le naufrageur Says:

    Bonjour,

    juste une remarque qui va dans le sens du billet. Le sous-titre est : « Le drame de nos sociétés occidentales est qu’il n’y a plus rien à voir, juste à posséder ». En effet, le capitalisme vit de ce qu’il détruit. Il a besoin de la culture et des temps passés (j’en veut pour preuve le nom des marques par exemple, qui vivent de la culture grecque ou indienne : nike, clio, cherokee…). Il en a besoin parce qu’il est lui même vide. Le problème fondamentale repose sur les perversions intrinsèques au système, et à sa capacité de tout digérer. On peut penser ce que l’on veut de Picasso, il n’a pas consacré sa vie à la peinture pour vendre des voitures. Si « nos » politiques étaient responsables, il imposeraient une loi qui interdit le « révisionnisme culturel », par-delà les ayant-droits et les pubeux !

    Je laisse l’adresse de mon blog pour ceux que ça intéresse (blog consacré à la décroissance et par-là même à l’invasion publicitaire) : http://ex-croissance.over-blog.org/

    Cordialement

  5. Nightroad Says:

    Pourquoi une télé ne pourrait pas être (vendu) comme une œuvre d’art ?

    • PeWeck Says:

      La question ressemble à ceux qui demandent « pourquoi la publicité ne serait-elle pas de l’information ? ».
      Parce que s’il existe des concepts différents, c’est qu’il recoupent des réalités différentes. Une télévision (surtout s’il s’agit de la vendre) est un outil de transmission. Pour en faire une ouvre d’art, il faut la sortir de son contexte utilitariste. L’art est là pour apporter une transcendance à l’existence matériel, un supplément d’âme (qui d’ailleurs est indispensable, sinon nous perdons notre statut d’homosapiens pour n’être plus que des animaux de consommation). La télévision peut, parfois, rarement, très rarement en fait, être le vecteur de la culture. Mais être le vecteur de quelque chose, ne fait pas devenir ce quelque chose. On peut trouver le vecteur « beau » mais la beauté ne fait pas de l’art pour autant. La nature est belle mais n’est pas de l’art. Elle le devient quand quelqu’un en fait quelque chose, la sort de son contexte.

  6. Nightroad Says:

    « l’information est le fait de savoir ce qui se passe » (cf wikipédia), moi je qualifierais la pub d’information de bas niveau. Personnellement et je pense que c’est arrivé à plein de gens des fois en regardant une pub dans les transports ou autres d’un produit, d’un secteur, fabricant … auquel je suis réceptif, je trouve que ça m’affecte autant que de lire les pages éco d’un canard d’information du fait que je n’étais pas au courant avant et que je le suis après …

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