La justice reconnaît la désobéissance civile contre le système publicitaire

Collectif des Déboulonneurs de Paris – Communiqué de presse – 09 mars 2007, 15h00

Pour avoir inscrit le 28 octobre dernier, devant la gare d’Austerlitz, des slogans antipublicitaires à visage découvert sur des panneaux de 4x3m, sept membres du Collectif des Déboulonneurs de Paris ont comparu devant le Tribunal correctionnel, le 12 janvier 2007. Ce procès a donné lieu à plus de trois heures de débats animés sur les nuisances du système publicitaire. La nécessité de l’action de désobéissance civile non-violente a été aussi longuement expliquée. Face à l’urgence environnementale et sanitaire, constatant que tous les recours ont été épuisés et devant les limites de fonctionnement des canaux démocratiques, ce mode d’action nous paraît légitime pour alerter les pouvoirs publics et leur demander de prendre leur responsabilité.

Le procureur de la République avait demandé que les faits soient qualifiés de dégradation grave et réclamé 500 euros d’amende avec sursis pour chacun des prévenus.

Les sept barbouilleurs ont été reconnus coupables et condamnés à une peine d’amende de un euro. Les faits ont été requalifiés en dégradation légère.

C’est une condamnation symbolique et légère pour une dégradation symbolique et légère. La désobéissance civile non-violente est ainsi prise en compte en tant qu’outil d’expression démocratique. Nous souhaitons que ce message soit clairement entendu par nos responsables politiques.
Jusqu’ici les hommes et femmes politiques sont restés trop longtemps silencieux sur ce sujet. La population exprime pourtant très majoritairement un ras le bol face à l’envahissement de la publicité dans notre société [1]. Suite à nos actions et à nos interpellations [2] nous avons été reçus par le PS et l’UMP et avons obtenu des réponses écrites des Verts, du PCF, de la LCR, du PRG et de CAP21. Christiane Taubira était présente à la sortie du tribunal. Tous font le constat qu’un changement est nécessaire face à la « pollution visuelle et mentale » et à « l’agression » liées à l’affichage publicitaire. Ils souhaitent l’ouverture d’un grand débat national sur le sujet. Ces déclarations doivent maintenant être suivies par des actes et les responsables politiques ont l’obligation morale de mettre en place la structure nécessaire à ce débat.

Le Collectif des Déboulonneurs fera des propositions concrètes en vue de la révision de la loi de 1979 sur l’affichage dès la prochaine rentrée parlementaire.

A 14h00 aujourd’hui s’ouvre devant le Tribunal correctionnel d’Alès le procès de deux membres du Collectif des Déboulonneurs du Gard pour avoir exprimé leur légitime réponse sur des panneaux publicitaires le 26 mai dernier à Anduze.

Le Collectif des Déboulonneurs
http://www.deboulonneurs.org
Contact Paris : Nicolas 06 62 60 06 12 – deboulonneurs.paris@no-log.org
Contact Gard : François 06 72 98 50 89 –

[1] Le Monde, 18 novembre 2004
[2] 26 février 2007 – Lettre ouverte – Affichage publicitaire : où sont les politiques ?

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