Les loups sont entrés dans Paris

18 juin 2007 by PeWeck

La fin du monde est arrivée mais ils n’en ont rien dit à la télévision.

pubmetmin2.jpg

Le quartier est très calme, le camion de plusieurs tonnes a pu se garer sans problème. Tous les petits commerces ont fermé, il ne reste que des appartements bourgeois et des bureaux aux vitres fumées.

Le rêve des hypermarchés s’est enfin réalisé, ils ont désormais le monopole absolu et définitif sur la distribution alimentaire. Les hypers aux portes de Paris pour les quartiers populaires ou en pleins champs en province et les livraisons à domicile pour les citadins des classes supérieures.

Du coup, un simple manutentionnaire suffit à approvisionner tout le quartier. Un seul individu, pas de risque de grève, de syndicat, ps de perte de temps en discussions devant la machine à café, de drague à la cantine…

Il est triste à l’image du quartier, les client absent se font livrer automatiquement pendant leur qu’ils voyagent en compagnies low-cost à l’autre bout du monde où la vie est merveilleuse sur les plages de sable fin, la chambre au 37ème étage avec vue imprenable sur la favela d’en face, le restaurant climatisé et les spectacles musicaux des autochtones si tipico !

En fait, ce pourrait être la fin du monde, rien ne changerait, personne ne le lui aurait dit.

Supprimer la marchandise et ce monde s’effondre !

Eduquer soit-même ses enfants, c’est nul !

15 juin 2007 by PeWeck

Pathétique, il essayait bien de la faire rire un peu en faisant le clown avec sa tête à la Pierre Richard…

pubmetmin3.jpg

Mais le contact entre eux est coupé depuis longtemps. Elle est devenue autiste avec son baladeur musical constamment sur les oreilles. Elle est pourtant d’un âge où l’on rit encore de presque rien où ce qui compte est avant tout le moment partagé.

En fait, elle est déjà vieille, blasée. Elle est déjà ado avant d’être pré-ado alors que lui n’est même plus un adulescent mais un enfant… Le retournement des valeurs est une pratique habituelle dans la publicité, elle permet de brouiller les repères, dynamiter les hiérarchies, détruire la culture et l’éducation.

Le monde que nous propose les publicitaires est totalement désenchanté. Elle va régulièrement “bouffer” dans les fast-food, son embonpoint, préoccupent à cet âge là, nous l’atteste. Le tas de légumes sur la tables ajoute à sa prochaine dépression. Alors effectivement pourquoi ne pas continuer, au point où nous en sommes et confier à la télévision la garde et l’éducation de cette enfant ?

La télévision, le monde virtuel où les parents sont super chouettes, la marchandise reine, les désirs des ordres et le système unique et libéral.

Ne suivez pas votre instinct !

30 mai 2007 by PeWeck

Ne suivez aps votre instinct, trop proche de la nature, il est un frein au libéralisme.

pubmed4.jpg

La technologie n’a tellement plus rien à voir avec l’Homme, que l’instinct, supplément d’âme irrationnel de la Nature Humaine doit en être éloigné.

Certainement, votre instinct vous dirait une fois de plus que cet objet est parfaitement inutile, voir nuisible, que vous pouvez donc absolument vous en passer.

Sans doute parce que passer sa vie à travers des machines pour voir en direct, écouter en HIFI, se diriger par satellite, communiquer en live, on fini par penser en binaire, se nourrir d’OGM, utiliser de l’énergie nucléaire, se soigner de chimie, voter électroniquement… et se persuader que l’on vit par programme interposés.

Recommencer à écouter son instinct, que l’on ne confondra pas avec nos pulsions, c’est reprendre le fil avec un 6ème sens, celui de la survie, d’une forme d’intelligence incompréhensible numériquement qui fait obstacle à la rationalité commerciale.

Ouverture d’un nouveau temple de la consommation

25 mai 2007 by PeWeck

Pour l’ouverture d’un nouveau temple de la sur-consommation, la communauté d’agglomération du Val-de-Bièvre lance une grande campagne promotionnelle sur l’emploi.

newtemple.jpg

L’idéologie massificatrice de la banlieue rouge bat encore. Elle déserte les urnes mais réinvestie dans l’économie en soutenant la nouvelle religion de la sur-consommation à travers l’édification de temples monumentaux dédiés à l’ordre économique triomphant.

Elle n’a plus rien a offrir, plus de lendemains qui chantent autre que ceux rythmés par le CAC 40, les crédits pour la voiture et la maison, l’ordinateur et la console de jeux, l’écran plat et le carton de strings roses.

Vous cherchez un emploi ? Que vous aillez fait des études ou pas, vous finirez tous au centre commercial. Vendre, il faut vendre, tout vendre, y compris et surtout l’inutile, le maintient de notre niveau de vie à tous est à ce prix. Qu’importe l’effet de serre, la mal-bouffe, les emplois précaires, les heures-sup’…

Il faut communier dans la fuite en avant d’une croissance infinie entre les murs de bétons de la galerie marchande au sous-sol empli des gaz d’échappement des voitures.

Un tel centre commercial, le plus grand en construction actuellement en Ile-de-France, n’a pu voir le jour que dans une ville dont le maire se dit altermondialiste et appelait à voter pour José Bové.

Mais tout n’est pas perdu, la moquette et le toit engazonné seront contabilisés dans les surfaces d’espaces verts de la ville. Bravo !

Le WWF est une agence de com’

27 mars 2007 by PeWeck

Déjà, le WWF nous avait surpris en soutenant la nuit des publivores mais là, c’est trop.

Il nous propose “les apéros du jeudis avec le WWF” en nous expliquant que : “Ils sont 17% de la population française. Ils préfèrent l’être à l’avoir et au paraître. Ils sont soucieux d’ouverture multi-culturelle, d’écologie et de la place du féminin dans la société. Ils recherchent le développement personnel et la spiritualité. Ils s’engagent localement au profit de causes qu’ils jugent justes. Ce sont les créatifs culturels. Un groupe émergent à la pointe du changement sociétal qui expérimente une autre façon de vivre ensemble.”

Ça pue le concept fumeux de marqueteux minables, et effectivement, c’est bien ça. Sur le premier lien on arrive à ce genre de visuels zoophiliques :

zoophilile.jpg

Mais pour ceux qui n’auraient pas encore compris, il y a aussi celui là :

avecmoiargent.jpeg

Le tout sponsorisé par une marque d’alcool (pour la cock, c’est plus tard…).

Le lien suivant nous donne encore un peu plus d’informations sur ces apéros du jeudi (on les markéteux confirment leurs sens des valeurs, passant de l’environnement à la voiture, des partis politiques au luxe…) :

lesaperosdujeudi font se rencontrer les professionels des médias, marketing, creation, communication par secteurs professionnels un jeudi par mois pour faire avancer la réflexion et la création dans un monde sans idées neuves.

EXPRESSION : luxe, beauté, habillement, voiture, alimentaire..
CONNEXION : médias et boites de production de contenu la distribution, les associations, les partis politiques
CREATIONS : les agences, les labels, les artistes, les designers, les architectes…

Un autre lien et on a droit à cette phraséologie unique de ce monde décérébré :

VISION D’ENTREPRISE / DE MARQUE: pour avoir une stratégie d’entreprise qui fédère les parties prenantes, une vision de marque qui mobilise les publics cibles
INNOVATION : de l’innovation produit, extension de gamme, diversification, ou recentrage de l’activité
CONCEPT DE COMMUNICATION : pour concevoir la stratégie de communication qui permettra à la marque d’atteindre ses objectifs sur ses publics
IDEE CREATIVE : développer une création multi supports qui s’exprime pleinement sur plusieurs médias (…).

Et pour finir on arrive sur un blog où sont déversée les dernières idées super tendances… comme cette petite série, au milieu d’objet qui se voudraient suréalistes mais sans âme :

machandisationtotale.jpg

Le premier dessin se demande :

Pourquoi les femmes de ménage n’ont pas de vitrines pour proposer leurs services aux gens du quartier ?
C’est à dire : qu’attendent-elles pour devenir définitivement des femmes robots achetables comme des marchandises ?

Pourquoi ne pas aller à la pharmacie pour prévenir plutôt que guérir ?
En clair : pourquoi ne pas consommer d’avantage de médicament et faire vivre encore d’avantage les multinationales de l’industrie pharmaceutique sur le dos de la Sécu ?

Pourquoi ne pas habiller sa voiture comme on s’habille le matin ?
Traduction : pourquoi ne pas faire définitivement de sa voiture sa femme à qui on achète du parfum, des vêtements sexy et que l’on paie pour l’utiliser comme on le fait d’une prostituée ?

Bref, on laissera le WWF sombrer dans ses dernières dérives, un eu comme les associations de consommateurs ont sombré dans le consumérisme, se contentant d’alimenter les fantasmes dans de nouveaux objets et nouvelles habitudes “modernes”, encadrant le consommateur promus au rang de “citoyens” au profit de la “démocratie” des marchands.

Volem rien foutre al païs

20 mars 2007 by PeWeck

Volem rien foutre al païs
Un film de Pierre Carles, Christophe Coello et Stéphane Goxe.

Le film ouvre sur une intervention (soviétique) de Pompidou à la télévision nous expliquant ce qu’est le libéralisme et pourquoi la France doit indiscutablement s’engager dans cette voie. Un discours que les libéraux d’aujourd’hui n’oseraient même pas tenir tant il est cru. Et comme si ça n’était pas assez clair, le montage cut, nous balance un extrait de pub dans laquelle le patron gifle ses employés pour les endurcir : nous sommes en guerre, en guerre économique.

Le début du film va ainsi procéder par de courtes séquences d’absurdités quotidiennes (grève, infos télé, tentative d’interview de Kesler, visite à l’ANPE…) entres lesquelles vont s’insérer une autre vision du monde (auto-construction en paille, installation de panneaux solaires, toilettes sèches…).

Ces extraits de vie négatifs ne nous choquent pas tellement tant nous y sommes habitués c’est leur accumulation qui nous amène au dégoût. Un peu comme si on s’habituait à voir des cadavres dans les rues mais pas encore les charniers.

Le film cherche alors, doucement, des pistes simples qui peuvent sembler radicales au premier abord tant elles s’éloignent du système dominant.

L’auto-construction, l’autonomie de production alimentaire, l’autonomie énergétique, autonomie des savoir… travers les expérimentations de différents groupes. Mais sans donner de leçon. Chacun les découvre à son rythme, en fonction de sa propre histoire, de ce qu’il est prêt à faire comme chemin et du sens qu’il (re)trouve à sa vie.

Du coup, on échappe assez vite à l’éternel critique «Oui mais si vous êtes contre le nucléaire, vous retournez à la bougie ?» : non, on commence par réfléchir à nos besoins, on met des panneaux solaires quand c’est possible. On ne s’oblige pas à la pureté, on ne quitte pas un monde normatif pour un autre.

L’immense mérite du film est de donner des pistes et de montrer des possibles. Parce que nous faisons tous parti du système que nous critiquons, il nous démontre que nos marges de manoeuvre sont bien plus importantes que l’on ne croirait. Ce fait est assez difficile à penser car il ne s’agit pas de revenir à un âge d’or mais d’inventer autre chose. Il n’a jamais été question de quitter la société, de s’en passer, mais bien au contraire, de permettre à d’avantage de personnes d’y avoir une place. Simplement le système actuel semble tellement verrouillé que certaines prises de consciences ne peuvent mener qu’à des ruptures.

Il dépasse aussi le premier niveau de critique du système. A travers le groupe espagnol à «dinero gratis» qui prend le vol pour comme moyen d’accès à la consommation. Il en démontre rapidement les limite, voler des fringues de marque à la mode ne remet rien en cause profondément, on reste dans le système de sur-consommation. Tout cela réduirait les revendications au pouvoir d’achat.
Mais il pose aussi la question de l’utilisation des allocations chômage, du RMI, d’un revenu d’existence, de la protection sociale de certaines communautés.

Bref, ce film foisonne d’exemples en tout genre, de pistes de réflexions brouillonnes et hésitantes, d’actions concrètes et expérimentales, il redonne envie de vivre en société. Il nous rappel que l’homme n’est jamais satisfait et que finalement il reste encore beaucoup d’aventures à mener même si le film se referme de nouveau sur une claque comme pour nous dire : demandons l’impossible mais soyons réaliste.

Le site du film

La culture de la mort

17 mars 2007 by PeWeck

Un grand classique de la pub, détourner l’attention en proposant l’exact opposé de ce que l’on fait.

metropubn3.jpg

Un magnifique paysage comme il n’en existe pas dans la réalité, une petite touche d’enfance à travers la femme qui vient de récupérer vos culottes courtes qui séchaient sur la corde à linge, une image reposante, calme, douce…

Et puis on lit la signature (EDF) et soudain l’image se transforme. Le calme se fait inquiétant, la tranquillité se fait menace. Là, sous l’herbe, repose des déchets nucléaires qui irradient doucement sans faire de bruit. La mort approche, l’atmosphère se fait pesante, le calme avant l’orage, la vie va bientôt basculer, votre mère va perdre ses cheveux puis mourir comme le petit frère atteint d’une leucémie.

Cette image est un vague souvenir d’enfance, d’avant la catastrophe, du temps où vous ne saviez pas encore, au temps de l’insouciance… L’insouciance qui est l’état dans lequel la pub rêve de vous maintenir afin qui vous acceptiez le système en vous faisant croire que c’est vous qui l’avez choisi.

metropubn2.jpg

La dernière action antipub a ainsi rectifiée le message de cette affiche. Surtout par rapport à l’actualité

Et puis une dernière chose : “un monde sans CO2″ ? Et on fait comment pour respirer ensuite ? L’inculture de la pub est ici manifeste, passant de l’amalgame au mensonge, de le poudre aux yeux à la misère humaine. Comme le nucléaire, la pub est sans douleur mais les deux mène à la mort.