Archive de la catégorie «Analyses»

Oui suis-je ?

1 décembre 2007

J’ai rendez-vous avec ma vie. Quand on énonce cette phrase on image que l’on a rendez-vous avec une personne qui est “notre vie”, qui représente ce que l’on pense que sera désormais notre vie avec cette rencontre. C’est un rendez-vous qui ouvre vers l’extérieur, qui ne dit pas vraiment ce qui va se passer, qui ne garantie pas une réussite ou un échec, juste une l’ouverture vers des possible dans laquelle on a décidé de s’engouffrer totalement. 

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Cette femme enceinte nous dit avoir rendez-vous avec l’amour. Pourtant l’amour, elle a dû déjà l’avoir rencontré (son compagnon) et vu son état, elle en serait même habité (son enfant). Sa vie réelle ne semble pas lui suffire, il lui faut d’avantage, il lui faut la mise en spectacle de celui qu’elle porte par l’échographie.

L’échographie est un acte médical qui sert en principe à évaluer les étapes de développement d’un fétus. Le médecin va donc observer l’enfant sous toutes les coutures pour annoncer que “tout va bien” ou qu’il lui manque un rein, qu’il est trisomique ou qu’il ne sera pas viable…

Mais on ne peut accepter que la technologie nous trahisse. Elle qui représente le progrès, la certitude d’un monde meilleur plein de sécurité, ne peut pas être qu’un acte froid. Il faut une mise ne scène : on va alors détourner cette consultation en un moment de révélation et de validation de l’existence de l’enfant grâce à l’écran vidéo.

L’enfant n’existe pas parce que sa mère le sens bouger et que son père voit le vendre onduler, l’enfant existe parce qu’il est passé à la télé. Désormais, la preuve est médiatique et l’existence est numérique. Et on peut rejouer la scène si elle est ratée ?

Une voiture pour les zozos

9 novembre 2007

Pour un vendeur de voiture aucun marché ne doit être négligé même celui des antibagnoles puisqu’il est constitué de malades mentaux.

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La nature vous préoccupe, elle ne vous intéresse pas en fait sinon vous auriez une démarche bien plus intelligente que de tenter de secourir 4 petits hérissons qui se feront de toute manière écraser un peu plus loin dans la nuit.

Remarquez, ce n’est pas l’environnement qui vous préoccupe mais la nature. L’environnement on peut agir dessus en changeant ses habitudes comme abandonner l’usage de sa voiture par exemple ou supprimer, comme ici, tous les arbres du bord des routes pour vous permettre de mieux foncer. La nature, elle, est le réel, ce réel qui tracasse tant les industriels, ce frein à l’idéologie de la croissance et du profit. Peut-être n’en seront-ils plus préoccupés quand les OGM auront éradiqués ce qui les gène…

En attendant, c’est vous le problème, vous êtes donc préoccupé, c’est à dire que vous faites une fixation irrationnelle sur la nature alors que la vraie vie, c’est la mécanique ! Pour vous déculpabiliser, un peu, et surtout détourner vos angoisses, on va vous vendre une voiture (le “beau paradoxe” dit l’annonce) qui pollue un tout petit peu moins que d’habitude (mais qui conserve ses 105 inutiles chevaux). Ainsi vous pourrez continuer à faire le zozo sur les routes et à ne rien comprendre du monde qui vous entoure.

Marchandise, transparence, sécurité…

30 octobre 2007

Les liens entre les individus dans une société qui se pense au sommet de son développement historique et technologique ne peuvent plus passer que par l’argent.

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Il n’y a plus de conflit, l’espace urbain est celui de la civilisation, loin de la nature sauvage. Si elle a, malgré tout, une petite place, c’est pour la déco, pour que l’on se sente bien mais elle demeure sous contrôle. (parc paysagé entretenu, herbe tondue, arbres qui ne peuvent pousser que plantés par les hommes…).

Un type vient de faire son footing, il est essoufflé, il aurait bien besoin d’un peu d’eau pour se désaltérer. Et là, tout à coup, TOUTES les autres personnes présentent dans le parc lui tendent une bouteille sans qu’il en éprouve le moindre étonnement.

La croyance dans la toute puissance de la technologie.
Une fois que nous seront tous connecté les uns aux autres, une fois que nous aurons tous abdiqué notre intimité, la méfiance n’aura plus lieu d’être. N’ayant plus d’intimité, nous n’aurons plus rien de nous à partager. Chacun peut lire dans nôtre âme et nous dans la leur. La confiance et la transparence sont totales car certifiées par le réseau. L’insécurité a disparue. Il n’y a plus de solitude, tout le monde est relié en temps réel et l’interaction est permanente.

Ces utilisations de la technologie que l’on nous proposent, ne peuvent fonctionner que dans un éloignement de la nature, dans une marchandisation toujours plus grande du monde.

Dans cette société technologique sécuritaire et de contrôle, l’échange ne peut plus être que marchand. Si le don reste malgré tout encore possible, c’est à la condition de ne pas remette en cause les fondements du commerce. Ainsi on ne peut donner à boire que de l’eau acheté. Il n’y a évidement plus de fontaine en libre service. Le don est transformé en un sous-produit du système grâce à la confusion introduite par l’idéologie publicitaire de la gratuité. Il n’y a donc plus don, puisqu’il n’y a plus rien à partager de soi mais simplement gratuité d’un geste payé à un autre moment.

Le jour où vous ne pouvez plus acheter de l’eau et payer votre forfait de connexion (internet, téléphone portable, borne wifi…), vous ne pouvez plus faire partie de cette société, vous ne capter plus rien et plus personne ne vous capte, vous perdez de votre transparence, vous n’êtes plus certifié par le réseau, vous basculez dans l’ombre, et devenez alors une menace… à éliminer.

Le film (raté) de votre vie

3 juillet 2007

Vous allez pouvoir faire de votre vie un film, le titre est accrocheur, les acteurs ont de bonnes gueules sympathiques.

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Faire partie de cette formidable aventure que ce film écrit par d’autres où vous ne serez finalement qu’un figurant parmie d’autres, votre prénom a été changé sur l’affiche pour faire plus marketing (le vôtre est trop nul, mais où donc vos parents inconscient sont-ils allés chercher un prénom pareil ?!?) quand à votre nom de famille, il a été remplacé par votre fonction.

Vous n’êtes plus tout à fait vous-même dans ce film, vos amis de vous reconnaissent plus tout à fait, vous avez changé. Trop lisse, des répliques trop parfaites, un manque d’âme, pas de relief, comme effacé…

Le scénario a tout prévu, c’est vrai, votre apparition est chronométrée, tout est écrit, vous souriez quand il faut même si vous n’en avez pas le coeur, c’est dans le contrat que vous avez signé.

Vous n’avez plus la liberté que de sur-jouer jusqu’à la caricature, votre responsabilité consistera à faire la promo du film pour partager le fric généré avec l’actionnaire que vous respecterez. Votre intégrité sera respectée si vous abandonnez la solidarité qui n’est qu’un mot. Alors vous progresserez sur la voie des seconds rôles pour aller rejoindre la longue liste des séries b.

Les loups sont entrés dans Paris

18 juin 2007

La fin du monde est arrivée mais ils n’en ont rien dit à la télévision.

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Le quartier est très calme, le camion de plusieurs tonnes a pu se garer sans problème. Tous les petits commerces ont fermé, il ne reste que des appartements bourgeois et des bureaux aux vitres fumées.

Le rêve des hypermarchés s’est enfin réalisé, ils ont désormais le monopole absolu et définitif sur la distribution alimentaire. Les hypers aux portes de Paris pour les quartiers populaires ou en pleins champs en province et les livraisons à domicile pour les citadins des classes supérieures.

Du coup, un simple manutentionnaire suffit à approvisionner tout le quartier. Un seul individu, pas de risque de grève, de syndicat, ps de perte de temps en discussions devant la machine à café, de drague à la cantine…

Il est triste à l’image du quartier, les client absent se font livrer automatiquement pendant leur qu’ils voyagent en compagnies low-cost à l’autre bout du monde où la vie est merveilleuse sur les plages de sable fin, la chambre au 37ème étage avec vue imprenable sur la favela d’en face, le restaurant climatisé et les spectacles musicaux des autochtones si tipico !

En fait, ce pourrait être la fin du monde, rien ne changerait, personne ne le lui aurait dit.

Supprimer la marchandise et ce monde s’effondre !

Eduquer soit-même ses enfants, c’est nul !

15 juin 2007

Pathétique, il essayait bien de la faire rire un peu en faisant le clown avec sa tête à la Pierre Richard…

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Mais le contact entre eux est coupé depuis longtemps. Elle est devenue autiste avec son baladeur musical constamment sur les oreilles. Elle est pourtant d’un âge où l’on rit encore de presque rien où ce qui compte est avant tout le moment partagé.

En fait, elle est déjà vieille, blasée. Elle est déjà ado avant d’être pré-ado alors que lui n’est même plus un adulescent mais un enfant… Le retournement des valeurs est une pratique habituelle dans la publicité, elle permet de brouiller les repères, dynamiter les hiérarchies, détruire la culture et l’éducation.

Le monde que nous propose les publicitaires est totalement désenchanté. Elle va régulièrement “bouffer” dans les fast-food, son embonpoint, préoccupent à cet âge là, nous l’atteste. Le tas de légumes sur la tables ajoute à sa prochaine dépression. Alors effectivement pourquoi ne pas continuer, au point où nous en sommes et confier à la télévision la garde et l’éducation de cette enfant ?

La télévision, le monde virtuel où les parents sont super chouettes, la marchandise reine, les désirs des ordres et le système unique et libéral.

Ne suivez pas votre instinct !

30 mai 2007

Ne suivez aps votre instinct, trop proche de la nature, il est un frein au libéralisme.

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La technologie n’a tellement plus rien à voir avec l’Homme, que l’instinct, supplément d’âme irrationnel de la Nature Humaine doit en être éloigné.

Certainement, votre instinct vous dirait une fois de plus que cet objet est parfaitement inutile, voir nuisible, que vous pouvez donc absolument vous en passer.

Sans doute parce que passer sa vie à travers des machines pour voir en direct, écouter en HIFI, se diriger par satellite, communiquer en live, on fini par penser en binaire, se nourrir d’OGM, utiliser de l’énergie nucléaire, se soigner de chimie, voter électroniquement… et se persuader que l’on vit par programme interposés.

Recommencer à écouter son instinct, que l’on ne confondra pas avec nos pulsions, c’est reprendre le fil avec un 6ème sens, celui de la survie, d’une forme d’intelligence incompréhensible numériquement qui fait obstacle à la rationalité commerciale.