Archive de la catégorie «Analyses»

La voiture ou la mort !

6 avril 2008

Décidément l’écologie n’est vraiment qu’une préoccupation de riches (malades)!

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Il faut avoir de l’argent, du temps et de l’espace pour s’y intéresser.

La preuve en est que les pauvres habitent le long des autoroutes, loin des transports en commun et s’abreuvent dans les hypermarchés de bouffe industrielle. Ils collectionnent les maladies professionnelles à cause de leurs expositions à des produits toxiques afin d’optimiser les rendements en faisant des économies sur la sécurité. Ils préfèrent aller s’entasser sur le bord des plages polluées parce que l’environnement ne les intéresse pas. Mais qu’importe puisque l’écologie est un frein à l’économie, à l’enrichissement et à la croissance.

Reste que chez certains riches qui ont du temps à perdre, il semblerait que l’adhésion aux valeurs dominantes ne soit pas systématique. Heureusement la publicité est là pour rappeler les devoirs de chacun. Grâce à ses études de marchés, à ses panels et autres sondages, elle sait qu’il existe une niche de doux rêveurs qu’il faut aider à revenir à la réalité.

Comme ce ne sont tout de même pas des rebelles, il sont encore une voiture donc ils nagent en pleine contradiction ! (puisque la voiture pollue). Pour ne pas les culpabiliser trop, le publicitaire (qui est foncièrement bon et connait tout de la nature humaine) leur propose quand même de se laisser aller à leur coupable penchant mais à condition que ça ne sorte pas de la surface grillagée d’un terrain de tennis et que ça reste dans le domaine privé de chacun.

De la disparition de sa propre espèce

29 mars 2008

Sa vie en voiture est tellement affligeante qu’il lui faut un décors lointain pour se sentir exister.

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Ce décors donne le sentiment (comme dans Matrix ou déjà dans Brazil) de n’être qu’une illusion plaquée sur le réel afin de l’occulter. Il utilise même des espèces animales menacées par l’activité industrielle humaine comme justement la voiture.

Mais même en Afrique, le conducteur ne parvient pas à s’extraire de son conditionnement. Ses petits réflexes de citadins reprennent le dessus, il faut faire bien attention à sa voiture (l’objet fétichisé marchand), bien plus importante que les éléphants (la vie en voie d’extinction). Il reste à l’étroit dans son univers. Là où l’espace est infini, il lui faut encore s’aligner bien droit pour se garer. Son angoisse du désordre et sa pulsion de mort s’opposent à la liberté et à la poésie.

Cerise sur le gâteau : un système informatique lui sert d’interface avec le monde extérieur. Il n’y a plus à faire attention aux autres, à s’engager dans le monde, un algorithme enfermé dans un boitier électronique s’en charge pour lui. Telles aux manettes d’un jeu vidéo, il peut demeurer dans son cercueil à carapace métallique.

Y-a bon les colonies !

20 mars 2008

Un voyage organisé par un spécialiste, non pas du pays visité, mais des désirs et des représentations que pourrait se faire l’occidental de ce pays pour y vivre un moment de détente loin de chez lui.

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Il ne s’agit pas ici de rencontre, de découverte, de surprise, d’ouverture vers le monde et les autres. Qu’importe le pays de villégiature, seul compte la docilité de ses habitants et principalement du personnel de l’hôtel d’accueil.

L’exemple de cette affiche, le Maroc, peut poser un problème. Les hommes de ce pays ont la peau bronzés, ils portent tous soit une moustache comme Saddam Hussein, soit une barbe comme Ben Laden et sont musulmans. Heureusement l’organisateur professionnel sait tout cela, il va vous aider à garder votre insouscience, vos idées reçues et vos croyances.

Il va faire de cette ancienne colonie, une néo-colonie. il va transformer les serviteurs auxquels vous avez droit de part votre pouvoir d’achat, votre niveau culturel et civilisationnel supérieur (comme votre 4X4 en ville, votre assurance vie, votre portefeuille boursier, votre iPod…), en esclaves.

Avec des serviteurs, il faut encore leur adresser la parole, les regarder (pour vérifier qu’ils exécutent correctement les ordres) avoir des rapports humains même hiérarchisés. Pour un esclave, tout cela n’est plus nécessaire. Tel un robot (on ne garde de leur corps que les parties strictement nécessaires), il est programmé pour vous faire du vent, apporter vos lunettes de soleil, des petits gâteaux ou des boissons rafraîchissantes.

Vous êtes là, allongé (chez lui c’est de la paresse) à lire (lui est analphabète), non pas dans un paysage mais dans un décor figé. Cette docilité, cette obéissance totale laisse aussi suggérer d’autres services comme l’assouvissement de vos désirs sexuels par un simple claquement de doigts (parce que vous, vous êtes un être humain sensible et plein de vie). Tout cela sans supplément, c’est compris dans le forfait.

Si on inversait les représentations (un homme allongé et des femmes esclaves), l’affiche deviendrait vulgaire et scandaleuse. Mais de même que les enfants sont utilisés pour inciter à choisir la voiture de leurs parents qui les rendra asthmatique, les femmes à travers leurs revendications d’égalité envers les hommes sont mieux à même de faire passer le message du néocolonialisme.

Quoi de mieux que de prendre une ancienne victime pour ne faire un bourreau en décalant le contexte pour brouiller les repères ?

Les antipubs sont des fascistes

14 mars 2008

Ne pas vouloir consommer au pas, la carte bleue comme étendard, vers les temples commerciaux de l’abrutissement de masse, c’est être un fasciste.

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Il y avait déjà eu ce genre d’attaque contre les antipub dans le journal Média, un truc pour journalistes parvenus formaté pour convaincre les pigistes et autres aspirants à l’écriture qu’il existe un seul et juste monde médiatique et rien d’autre.

Un retournement comme seule la pub sait les faire. Le tagueur entame une croix gammée sous le contrôle d’une force obscure, il n’est qu’un pantin manipulé. Le choix du fascisme est plus intéressant que celui du communisme par exemple, il a totalement perdu idéologiquement face au capitalisme et au communisme, il a été vaincu par une guerre et il est condamné par la justice. Il représente le mal absolu.

Le communisme aurait été plus problèmatique, certes, il a aussi des millions de morts sur la conscience mais il reste des consommateurs qui y croient encore. En plus, comme il a eu plusieurs chapelles et que certains de leurs anciens dirigent des agences de com’, des journaux… ça n’aurait pas été très fair-play…

“Se faire une opinion, ce n’est pas suivre celle des autres”, c’est donc le sac à pub Métro qui nous le dit, le symbole de la presse gratuite dans toute sa splendeur.

Un “journal” dont la seule vocation est d’accentuer l’économie parasitaire de la pub, de formater les comportement de sur-consommation moutonnier, d’être l’avant garde de la pensée marchande… Bref, quelque chose de parfaitement inutile et nuisible pour la société soit l’inverse de ce qui fait la différence de l’Homme avec le reste de la nature : la pensée.

La commémoration des 40 ans de mai 68 pourrait donner à certains l’envie de sortir du rang, de réécrire qu’il faut être réaliste et demander l’impossible, l’impossible de vivre mieux en changeant le monde chaque jour. La pub est là pour nous rappeler que toutes ces velléités vont à l’encontre des vrais changements comme la mode, le matériel informatique, les yaourts, les voitures…

Brouilleur de perception

15 décembre 2007

L’ennuie avec les mondes virtuels qu’on nous vend en continue c’est que si vous coupez le courant il n’y plus rien.

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Pourtant ils s’en donnent de la peine : surf, chat, texto, musique, téléphone… dans le même appareil et pourquoi ? Pour une conversation qui a dû demander des semaines de réflexions aux pubards, accrochez-vous !

Vincent : Salut, comment vas-tu ?
Hélène : Bien et toi ?
Vincent : En pleine forme
Hélène : C’est super

Voilà. Voilà toute la vacuité de ce monde numérique où l’objet marchand doit absolument être acheté même s’il n’a pas d’utilité. Où la multiplicité des fonctions sert à remplir de vide de leur usages. Mais pour vendre du vide il faut aussi masquer la vraie vie, comme sur l’affiche où le paysage se brouille et se dédouble, où des écrans tentent maladroitement et de manière désordonnée de l’occulter.

Le calibrage électronique de nos vie est triste à mourir : coupons le courant !

Disparaitre pour exister ?

14 décembre 2007

 ”Quelle vue magnifique” s’exclament en coeur le technocrate et le publicitaire. Toute la poésie du monde finie par tenir dans ce petit boitier où sont numérisées toutres les cartes routières de la planète.

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La carte fait désormais le payasage, le virtuel fait le réel. Normé, calibré, réduit à des lignes de code, la vie est alors acceptable car prévisible, transparente, référencée… Désormais ce qui n’est pas vituel n’est pas réel, n’existe pas.La croyance dans le virtuel est tel que les conducteurs ne veulent plus voir le réel. L’itinéraire proposé par la machine leur dit d’aller par là ? Ils y vont et qu’importe s’ils quittent la route pour un chemin de terre ! Faut-il s’engouffrer dans cette rue trop étroite ? Ils s’y encastrent allègrement en tentant désespérément de faire se superposer la carte et le paysage, avant de s’effondrer en larme !

C’est ainsi que plusieurs villages de Grande-Bretagne ont exigé de ne plus figurer sur ces cartes électroniques. Ils ont demandé à quitter le virtuel pour continuer d’exister pour de vrai.

Souriez, vous êtes normé !

5 décembre 2007

Un appareil photo qui détecte les sourires. Merveille de la technologie ! Le rêve, la sécurité, la normalité absolue, même en vacances à l’étranger, enfin à la portée de tous…

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Ils sont tous sympathiques, le charme des pays lointain contaminé par l’occidentalisme. Ils sont tous là : les hommes, même arabes ont de bonnes têtes; les femmes, à la peau pas trop foncé ont toutes des gros seins et pas une seule n’est voilée; les retraités profitent de la vie grâce aux fonds de pension, ceux qui asphyxient votre entreprise; deux enfants fraternisent grâce au foot; les filles sont dans des activités passives (bronzage, commérage, en attente de vos propositions libidinales…) pendant que les hommes montrent qu’ils sont forts (sport, commerce, prêt à devenir vos amis pour la vie autour d’une bière…); pas de noir, pas d’asiatique.
La réconciliation planétaire grâce à la technologie, bref, la vie parfaite.

Parfaite et validée par la technologie qui vous garantie le sourire avant de vous garantir aussi qu’il ne se glisse pas dans le groupe une personne qui ne croirait pas dans les valeurs merveilleuses du capitalisme.

Mais tous ces sourires qui se veulent rassurants finissent par créer une sorte de malaise… Tous ces sourires ne seraient-ils pas là pour masquer autre chose ? Ne serait-on pas finalement devant les adeptes béat d’une secte ? A-t-on encore affaire à des être humains ?