Fellation, éjaculation

Les stéréotypes pornographiques gagnent de plus en plus la publicité (porno chic chez les grands couturiers…). Allons-nous vers une “normalisation” sexuelle ?

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LA bouche de cette femme est grande ouverte, fardée, tendue pour accueillir le phallus, puis, sur la deuxième image, le rouge à lèvre est partie, le visage est recouvert de gouttelettes blanches, apaisé…

Les films pornographiques fonctionnent tous sur le même modèle : les scènes de sexe commencent toujours par une fellation pour terminer par une éjaculation sur le visage. La mécanique est toujours identique. Il n’y a pas de place pour le plaisir juste pour la pulsion. Une pulsion dont l’assouvissement ne peut engendrer que la frustration afin de préparer la prochaine pulsion.

La publicité fonctionne sur le même manière. Son but n’est pas de satisfaire des besoins vitaux mais de les manipuler pour en faire des pulsions d’achats. Des achats parfaitement inutiles mais nécessaire au monde marchand pour survivre.

6 Réponses vers «Fellation, éjaculation»

  1. sof frankenstein à dit:

    ou là là , seul un maso aurait l’idée de se faire sucer par une fille qui fait mine de croquer dans une pomme!! ou alors je ne connais rien aux hommes (ou alors le mien n’est pas représentatif) Faites pas la tête, votre interprétation marche quand même avec la dualité 1ere photo : jouissance féminine, 2eme photo : jouissance masculine, et tout ça avec un teint parfait et la femme est au centre de tout. c’est plutot là le vrai phantasme sur lequel s’appuis la pub : avoir l’air jolie en ces deux moments alors qu’on sait fort bien que le rimel coule et le fard s’étale, la fraicheur s’étiole…

  2. PeWeck à dit:

    Ce n’est pas tant la réalité des pratiques sexuelles qui compte ici que la volonté de normer ces rapports selon l’image qu’en a le publicitaire au service de la consommation.

    Mais mon interprétation, si elle se base sur la mécanique des films pornographiques n’est effectivement pas la seule.

  3. tris à dit:

    “La volonté de normer ces rapports selon l’image qu’en a le publicitaire”

    La formule relève d’un jugement déplacé des codes utilisés et ne fait que refléter un puritanisme plus dangereux à mon goût que les moyens utilisés par ce satanique publicitaire.

    Mais dites-moi, vous semblez parfaitement connaître le déroulement d’un porno, pour quelqu’un qui critique si vivement leur détournement….

  4. PeWeck à dit:

    Interressante intervention de stris :
    - d’abord une critique d’un jugement de valeur avec accusation de puritanisme;
    - de l’autre, une accusation sous entendu d’un intéret coupable sur la connaissance du porno…
    Quelle contradiction dans le propos !
    Oui, je me suis intéressé aux codes du porno parce que la publicité en fut envahit lors des campagnes dites “porno chic”. Il me fallait alors comprendre le fonctionnement de ce système, fut-il du monde du porno (comme je me suis intéressé au système nazi pour tenter de comprendre la dernière guerre mondiale mais ça n’a rien à voir).
    Reste que l’accusation de puritanisme m’amuse toujours autant : le publcitié tente d’imposer ses vues à tous, avec ou sans le consentement de ceux qui la subissent. L’usage du porno est pourtant mieux réglementé (interdiction au moins de 18 ans par exemple). Il s’agit dans ce cas de laisser le choix aux majeurs de voir ou ne pas voir des images pornographiques. Si la pub en était là, on vivrait mieux.

    Dernière chose, le mail de tris n’existe pas. On mesure toute l’assuranece de ses conviction bien caché derrière son clavier (même si son adresse IP est : 81.200.176.13)

  5. TchéGué à dit:

    Oui, la publicité est un outil de manipulation immonde. Pour satisfaire les “besoins” de quelques nantis, le capitalisme exige que nous consacrions d’avantage de ressources à fabriquer des consommateurs écervelés qu’à éduquer les masses. Concrètement, le budget mondial consacré à la propagande publicitaire est supérieur au budget consacré à l’éducation.

    D’accord, la critique de “tris” est déplacé. Celui qui s’insurge contre les techniques sexuellement normatives déployées par les agences de pub pour vendre leurs marchandises n’a rien d’un puritain. Au contraire : affirmer que chacun doit être libre sexuellement est incompatible avec l’acceptation béate de la publicité et de toutes les autres institutions normatives.

    Mais, de grâce, pas d’attaque sur l’anonymat. Perso, lorsque je poste des messages sur le net, je ne laisse jamais traîner mon adresse e.mail, et ce message ne fait pas exception. Quant à mon adresse IP… elle peut être celle de n’importe quel utilisateur du Tor, “The Onion Router”.

    Une idée n’a pas plus de valeur lorsque l’auteur en est identifiable. Et la protection de nos vies privées est un droit élémentaire dans un espace comme Internet, cible privilégiée… des publicitaires de tout poil, friands de statistiques et de “profiling”.

    Je découvre ce blog, et j’en redemande. Bravo PeWeck : tes textes sont justes, inteligents et utiles. Que du bonheur.

  6. Sexe&Pub à dit:

    Bonjour,

    Constatant que ce type de publicités et de messages sont de plus en plus courants, nous organisons une conférence sur le thème “Sexe & Pub: peut-on tout se permettre?”. Nous voulons éviter le double écueil du puritanisme et du voyeurisme, et nous confronterons les points de vue de marques, publicitaires et annonceurs (Euro RCSG, Diesel, etc….) et de “penseurs”, dont Michela Marzano, philosophe qui réfléchit sur l’éthique du corps et a étudié l’impact de la pornographie dans notre société.

    Lieu: Musée des Arts Décoratifs, 111 rue de Rivoli, 75001 Paris
    Date: 15 mai, de 8h30 à 10h30
    Inscription sur sexeetpub@yahoo.fr

    N’hésitez pas, vos contributions au débat seront les bienvenues!

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