Badinter au service du libéralisme

21 février 2010 par PeWeck

Elisabeth Badinter est la principale actionnaire de l’agence de publicité Publicis dont elle tire sa rente (430 millions d’euros, soit la 61ème fortune du pays)[1]. Tout ce qui touche à la pub, son fonctionnement, ses valeurs… porte atteinte à ses intérêts financiers.

Son dernier livre voudrait alerter sur les danger d’une régression de la cause féministe. Pour cela elle prend pour cible les couches lavables, l’allaitement, le bio…
Elisabeth Badinter fait partie de ce courant de pensée finissant ayant mis dans l’idéologie du progrès tous ses espoirs d’un monde meilleur. Que ce monde meilleur nous ait apporté la pollution, la destruction de la biodiversité biologique et culturel, l’effet de serre et autres mal planétaires elle ne peut l’entendre. On ne peut remettre en cause le dogme religieux du progrès et de la croissance.

La publicité fait partie intégrante de cette idéologie, elle en est même l’avant garde, la manifestation culturelle envahissante, le texte sacré. C’est elle qui véhicule l’idée que les femmes s’occupent de la lessive, font les courses, s’occupent des enfants, font les repas, doivent être conforment aux courbes corporelles à la mode… Toutes visions de la femme bien loin de la cause que prétend défendre Badinter.

Parfois, l’image publicitaire de la femme semble aller l’encontre des vieux clichés. Elle aime alors son téléphone comme un homme, sa voiture comme un homme, son travail comme un homme, draguer comme un homme… Cette image est peut être plus acceptable pour Elisabeth Badinter. Mais où est la libération ?

Mes amies féministes sont loin des vieux clichés de femmes anti-mecs. Pour elles, leur libération est porteuse de quelque chose bien plus vaste, elles ne luttent pas contre mais pour. Faire accepter à la société sa part de féminité, c’est aussi aider les hommes à sortir de l’unique rôle que l’on veut éternellement leur faire tenir (agressivité, domination, cynisme, compétition, conflit…). Elle sentent bien que les hommes aussi sont fatigué de ces clichés.

En attaquant l’écologie, Elisabeth Badinter cherche surtout à régler ses comptes avec les frustrations et les ratages de sa génération. Car c’était quoi son projet ? Sortir l’humain de ses passions qui avaient produits deux guerres mondiales ? Régler enfin toutes les misères du monde par la technique ? Reconnaitre que l’individu avait autant de valeur que le groupe ? Sauf que toutes ces idées provenaient de la même source que celle qui avait produit les maux de sa génération. Pour une philosophe ne pas savoir que la société avance en balancier, que chaque idée à son contraire et qu’il est parfois difficile de situer clairement les frontières, que l’humain est pétri de contradictions me semble assez dramatique. Même un publicitaire le sait et en abuse dans ses techniques de manipulation.

Alors, sa génération n’a pas apportée le monde meilleur qu’elle avait promis, elle a même parfois empirer les choses, remplaçant une aliénation par une autre, multipliant et alimentant les guerres locales de ses zones d’influences, détruisant la diversité culturelle pour pouvoir vendre le même produit sur toute la terre, instaurant idéologiquement la haine des idéologies (alors que l’idéologie n’est que l’outil de pensée politique du moment avec ses croyances, ses erreurs, ses contradictions…. Vouloir supprimer cet outil, c’est vouloir arrêter de penser l’époque), appauvrissant la réflexion par l’instauration de la pensée unique, sacageant l’environnement par peur de la vie qui bouillonne…

L’écologie est la dernière idéologie arrivée dans le champ de la pensée politique tentant de réconcilier l’environnement et l’Homme. Plutôt que de combattre cet indispensable outil, elle ferait mieux d’essayer de l’enrichir et de lui apporter les nuances dont il a encore largement besoin puisqu’elle n’est que le reflet de son époque, en attendant le murissement du prochain outil.

Au lieu de tout cela Elisabeth Badinter, sous couvert de vouloir mettre la cause féministe au dessus de tout, la met au service du libéralisme. Libérer les femmes en les soumettant aux lois du marché !

Que veut Elisabeth Badinter au final ? Permettre aux femmes d’être aussi connes que les mecs… Un combat pour la médiocrité planétaire qui lui permettra de toucher encore d’avantage de dividendes…

[1] Badinter, une page de duplicité, Le Canard Enchaîné, 17 février 2010.
Elisabeth Badinter contre le féminisme : affaires de pub ?
Elisabeth Badinter ( Publicis) : l’idéologie publicitaire pour justifier les nuisances.
Elisabeth Badinter, contre le terrorisme des couches lavables.

Beau comme la fin du monde

15 décembre 2009 par PeWeck

On sait qu’on va droit dans le mur, les savants en toutes disciplines n’arrêtent pas de tirer les sonnettes d’alarmes à tout va. Climat, biodiversité, agronomie, géologie, démocratie…

Seulement voilà, personnes ne veut lâcher ses petits privilèges minables… On veut encore une dernière fois profiter de la promotion pour aller passer ses vacances en avion sur une île avant qu’elle ne disparaisse, une dernière fraise en hiver avant que l’été ne revienne, un dernier gadget avant qu’il ne soit obsolète…

Alors on implore la Nature que l’on ne cesse de détruire de venir se venger, de faire le grand ménage, le sale boulot à notre place. Tel un Père psychanalytique qui viendrait enfin nous poser la limite qu’on n’arrive pas à se poser soi-même. Il viendrait même nous punir de nos excès, de nos passions tristes, déclencher un nouveau déluge, faire de notre passé et de notre présent table rase pour repartir sur de bonnes bases.

Une multitudes de films font ainsi leur apparition sur le mode spectaculaire car parler sérieusement de ces choses là ne se fait pas. On ne veut pas passé pour paranoïaque, dépressif, catastrophiste, voir même, écologiste.

Le libéralisme à réussi à nous formater en excitant au maximum en chacun de nous les instincts que nous avons tous en commun afin que nous adoptions des comportements de masse.

Ainsi quand un décroissant vient nous expliquer qu’il prend son vélo, qu’il mange bio en se fournissant dans une AMAP, qu’il mange peu de viande, qu’il ne lit pas la presse publicitaire… Il nous emmerde ! Il nous dit qu’on pourrait peut être agir individuellement pour recréer du collectif, qu’on pourrait reprendre une part de notre liberté que nous avons abandonnée pour ne plus penser… Parce qu’en plus, il n’a même pas de véritable solution, il ne fait « qu’expérimenter », il « essai », il « cherche »… Comme si on avait que ça à faire de vivre, on est là avant tout pour produire, non ?

On ne s’en sortira que par la masse, par un raz de marée qui effacera tout. Comme au loto. On s’en sortira si on continue à jouer le jeu, le jeu des grands rassemblements de dirigeants qui vont « sauver la terre », qui vont « éradiquer la misère », qui vont « éduquer tous les enfant », qui vont faire « baisser la mortalité sur les routes », qui vont « arrêter tous les pédophiles », qui vont « renvoyer tous les étrangers chez eux »… car tout ça ce sera toujours mieux que la vraie fin du monde non ?

Du manque d’imagination du monde politique actuel

8 décembre 2009 par PeWeck

Aveu d’échec monumental de 4 mètres par 3…
Ceux qui nous gouvernent sont à court d’imagination, incapables de penser le monde qui vient, ils se cramponnent encore et toujours en organisant le monde en deux blocs stupides. Ils veulent nous maintenir soit dans une attitude d’assisté, eux les grands seigneurs à qui nous devrions tant, soit en détruisant tout ce qui nous permet encore quelques zones d’autonomies (santé, éducation, culture, transports…) qui nous serait plus que jamais nécessaire pour nous en sortir par nous même, c’est à dire en grandissant et non pas en détruisant.

Ainsi, il n’y a plus d’emploi, plus de richesse, la seule solution proposée, ici, est de tirer la couverture à soi en « attirant l’emploi ». Seulement voilà, outre le fait d’aller piller les régions voisines on utilisera une méthode très ancienne, l’aimant, dont on sait bien qu’il n’attire pas les métaux les plus précieux.

Toujours plus de casseroles, de tôles, de marchandises de pacotille jusqu’à l’écœurement pour transformer l’espace en centre commercial, en décharge de matières divers, d’idées surfaites, de clichés médiatiques et de vies humaines brisées.

Processus de destruction culturel

30 novembre 2009 par PeWeck

C’est pas évident de détruire une culture culinaire dans un pays comme la France. Mais ce processus n’est pas propre à notre seul pays.

On sait bien que les bonnes choses s’élaborent lentement, qu’il faut du temps pour les réaliser et aussi pour les transmettre. C’est sans doute pour ça que la production de livres de cuisine est toujours aussi prolixe. On passe moins de temps en famille, il faut donc trouver de nouvelle manière d’acquérir ces savoirs.

Dans l’imagerie populaire, la grand mère est la personne qui opère cette transmission. Elle est à la retraite et a donc du temps, elle a du recul sur la vie, détachée des futilités  de la mode, elle peut se consacrer aux vraies valeurs, cette multitude de petits plaisirs qui font toute la saveur de la vie.
Les seul problème aujourd’hui qui compte pour un publicitaire et son commanditaire est comment pourrait-on casser cette tradition pour tirer un max de fric de la nouvelle situation ?

Il faut donc commencer par rassurer « comme Mamie » et conforter et produit, le goût ne va pas changer, ce sera aussi bon. Puis ensuite dénigrer lourdement « sans Mamie » et ses manies stupides de pincer les joues à la limite de la maltraitance. Il faut faire croire que l’on peut remplacer l’humain avec toutes ses imperfections par une chaine de production alimentaire industrielle parfaite à coup d’OGM, d’ajout de conservateurs, d’irradiation des aliments et… d’agents de saveurs !

Ce n’est pas sur la qualité du produit, les frittes de Mamie ou la supériorité du nouveau, un meilleur goût, que le publicitaire attaque mais sur le médiateur de l’existence même du produit. Il faut déstabiliser le rapport humain sur lequel se fonde toute culture pour le remplacer par un rapport marchand. Il faut déconnecter le plaisir de manger avec l’histoire de l’individu (la personne qui vous a fait découvrir ce plat, chez qui vous aviez l’habitude de le manger, la période pendant laquelle vous y aviez accès (les weekend à la campagne, les vacances…)…) bref un mélange affectif de votre vie personnelle avec la culture d’une société transmise par un membre de votre famille vous ayant précédé. Le publicitaire ne veut garder que le plaisir pour en faire une pulsion. Vous n’êtes plus alors qu’un consommateur doté d’un estomac qu’il faut satisfaire.

On pourrait craindre que les frittes chimiques n’avaient pas tout à fait le même goût, ce qui est évident puisque désormais qu’importe la saison ou la pomme de terre utilisé ou le pays où sont vendu les frittes : elles ont justement toujours le même goût ! En fait, c’est sans importance, le lien de transmission ayant été rompu, le goût sera perdu et remplacé par celui de la marque. Il suffira de refaire, de temps en temps, une nouvelle campagne publicitaire et annoncer un nouveau goût pour relancer l’intérêt et les ventes du produit.

Les cultures de chaque pays basculent ainsi dans l’homogénéisation globale de produits uniques à l’arrière goût de marchandise.

C’est cool le réchauffement climatique !

25 novembre 2009 par PeWeck

Je me souviens d’une phrase dans le film « Vous avez un message« , de Nora Ephron, qui était une reprise de « Vous avez une lettre » où le jeune et beau personnage masculin principal (Tom Hanks) répétait sans cesse « Le business c’est pas personnel ». Oui, forcément la multinationale de son père était en train de mettre en faillite la petite librairie de quartier de la fille (Meg Ryan) dont il était tombé amoureux…

Là, sur cette pub… le mépris du monde parle de lui même. Ceux qui pourront se payer des vacances aux Canaries en avion n’ont rien à craindre du réchauffement climatique. Ils changeront sans doute de destination si la monté des eaux inonde le rez-de-chaussé de l’hôtel de luxe dans lequel ils ont l’habitude de faire escale. Mais franchement que des pays entier disparaissent, qu’il y ai déjà 300.000 morts par an, que des millions de gens soient prochainement réduit à migrer du fait des inondations et des sécheresses qui toucheront leurs territoires, alors là, on en a strictement rien à foutre !

Un montreur d’ours viendra sur la plage faire son numéro, on lui donnera un petit pourboire, s’il est mignon on en profitera pour faire un peu de tourisme sexuel,  on prendra des photos avec son appareil numérique ou un film avec son camescope et on enverra tout ça sur Facebook pour montrer aux « amis » qu’on est vraiment les meilleurs !

Quel plaisir, tout de même d’être du bon côté de la planète et de pouvoir vivre au dépend des autres… Enfin, laissons la morale aux écolos, tant que les cadavres des migrants ne reviennent pas troubler la douce promenade avec ce magnifique couché de soleil…

David Sterboul

16 novembre 2009 par PeWeck

David Sterboul est mort le 15 novembre 2009… C’est très con…

Je n’ai plus que mes images à regarder, avec ses amis autour. J’ai encore en moi le son de sa voix, sa présence physique, son regard… J’essaie de me souvenir de tous les instants passés ensemble comme si tout allait s’effacer d’un seul coup. La peur de tout perdre, encore, fait paniquer.

Je ne sais pas pleurer mais j’ai la gorge serrée, j’aimerai savoir… savoir pourquoi… savoir ce qu’on aurait pu faire… savoir…

_PEW0680

_PEW1321

_PEW2390

_PEW8793

_PEW9272

_PEW9320

DSC_6668

DSC_7667

DSC_8460

Le fusible, c’est vous

8 novembre 2009 par PeWeck

Ah ! Si tous les clients pouvaient être comme cette jeune femme !

IMG_2150

C’est pas compliqué, soit elle dort dans son hamac, soit elle joue les équilibriste. Dans les deux cas, elle intéresse beaucoup les banquiers.

Quand elle dort, elle ne regarde pas trop ce qu’on peut faire de son argent. Financer une usine polluante, des délocalisations, acheter des actions pourries ou des panneaux 4 par 3 de pub dans le métro… On s’en fout comme elle dort, elle ne contrôle rien, ne pose pas de question et puis de toute manière elle n’a rien à dire.

Quand elle ne dort pas, on pourrait croire que c’est un peu plus compliqué, qu’elle pourrait nous tomber dessus ? Non, rien à craindre, regardez bien, elle cherche un équilibre. Remarquez bien, elle cherche toute seule. Avec toute la propagande qu’on finance, elle a fini par y croire à son autonomie, son pouvoir de décision, de choix sans compter ses rêves naïf d’enrichissement. Comme si elle pouvait gagner de l’argent avec tout ce qu’on distribue déjà aux actionnaires et aux traders…

La liberté pour elle, c’est de prendre les risques seule, nous regarde faire.

Parce qu’il y a une chose fondamentale quand on s’occupe de l’argent des autres, c’est de ne pas prendre de risque pour soi mais de les faire porter par les autres. C’est eux qui trinquent en cas de problème. Si on devait avoir une chute de la bourse, un effondrement de l’économie ou je ne sais quelle autre catastrophe qui serait le fusible dans l’histoire ? Qui ? Regardez bien les images, c’est pas nous qu’on serait cramé !