Beau comme la fin du monde

15 décembre 2009 par PeWeck

On sait qu’on va droit dans le mur, les savants en toutes disciplines n’arrêtent pas de tirer les sonnettes d’alarmes à tout va. Climat, biodiversité, agronomie, géologie, démocratie…

Seulement voilà, personnes ne veut lâcher ses petits privilèges minables… On veut encore une dernière fois profiter de la promotion pour aller passer ses vacances en avion sur une île avant qu’elle ne disparaisse, une dernière fraise en hiver avant que l’été ne revienne, un dernier gadget avant qu’il ne soit obsolète…

Alors on implore la Nature que l’on ne cesse de détruire de venir se venger, de faire le grand ménage, le sale boulot à notre place. Tel un Père psychanalytique qui viendrait enfin nous poser la limite qu’on n’arrive pas à se poser soi-même. Il viendrait même nous punir de nos excès, de nos passions tristes, déclencher un nouveau déluge, faire de notre passé et de notre présent table rase pour repartir sur de bonnes bases.

Une multitudes de films font ainsi leur apparition sur le mode spectaculaire car parler sérieusement de ces choses là ne se fait pas. On ne veut pas passé pour paranoïaque, dépressif, catastrophiste, voir même, écologiste.

Le libéralisme à réussi à nous formater en excitant au maximum en chacun de nous les instincts que nous avons tous en commun afin que nous adoptions des comportements de masse.

Ainsi quand un décroissant vient nous expliquer qu’il prend son vélo, qu’il mange bio en se fournissant dans une AMAP, qu’il mange peu de viande, qu’il ne lit pas la presse publicitaire… Il nous emmerde ! Il nous dit qu’on pourrait peut être agir individuellement pour recréer du collectif, qu’on pourrait reprendre une part de notre liberté que nous avons abandonnée pour ne plus penser… Parce qu’en plus, il n’a même pas de véritable solution, il ne fait « qu’expérimenter », il « essai », il « cherche »… Comme si on avait que ça à faire de vivre, on est là avant tout pour produire, non ?

On ne s’en sortira que par la masse, par un raz de marée qui effacera tout. Comme au loto. On s’en sortira si on continue à jouer le jeu, le jeu des grands rassemblements de dirigeants qui vont « sauver la terre », qui vont « éradiquer la misère », qui vont « éduquer tous les enfant », qui vont faire « baisser la mortalité sur les routes », qui vont « arrêter tous les pédophiles », qui vont « renvoyer tous les étrangers chez eux »… car tout ça ce sera toujours mieux que la vraie fin du monde non ?

Du manque d’imagination du monde politique actuel

8 décembre 2009 par PeWeck

Aveu d’échec monumental de 4 mètres par 3…
Ceux qui nous gouvernent sont à court d’imagination, incapables de penser le monde qui vient, ils se cramponnent encore et toujours en organisant le monde en deux blocs stupides. Ils veulent nous maintenir soit dans une attitude d’assisté, eux les grands seigneurs à qui nous devrions tant, soit en détruisant tout ce qui nous permet encore quelques zones d’autonomies (santé, éducation, culture, transports…) qui nous serait plus que jamais nécessaire pour nous en sortir par nous même, c’est à dire en grandissant et non pas en détruisant.

Ainsi, il n’y a plus d’emploi, plus de richesse, la seule solution proposée, ici, est de tirer la couverture à soi en « attirant l’emploi ». Seulement voilà, outre le fait d’aller piller les régions voisines on utilisera une méthode très ancienne, l’aimant, dont on sait bien qu’il n’attire pas les métaux les plus précieux.

Toujours plus de casseroles, de tôles, de marchandises de pacotille jusqu’à l’écœurement pour transformer l’espace en centre commercial, en décharge de matières divers, d’idées surfaites, de clichés médiatiques et de vies humaines brisées.

Processus de destruction culturel

30 novembre 2009 par PeWeck

C’est pas évident de détruire une culture culinaire dans un pays comme la France. Mais ce processus n’est pas propre à notre seul pays.

On sait bien que les bonnes choses s’élaborent lentement, qu’il faut du temps pour les réaliser et aussi pour les transmettre. C’est sans doute pour ça que la production de livres de cuisine est toujours aussi prolixe. On passe moins de temps en famille, il faut donc trouver de nouvelle manière d’acquérir ces savoirs.

Dans l’imagerie populaire, la grand mère est la personne qui opère cette transmission. Elle est à la retraite et a donc du temps, elle a du recul sur la vie, détachée des futilités  de la mode, elle peut se consacrer aux vraies valeurs, cette multitude de petits plaisirs qui font toute la saveur de la vie.
Les seul problème aujourd’hui qui compte pour un publicitaire et son commanditaire est comment pourrait-on casser cette tradition pour tirer un max de fric de la nouvelle situation ?

Il faut donc commencer par rassurer « comme Mamie » et conforter et produit, le goût ne va pas changer, ce sera aussi bon. Puis ensuite dénigrer lourdement « sans Mamie » et ses manies stupides de pincer les joues à la limite de la maltraitance. Il faut faire croire que l’on peut remplacer l’humain avec toutes ses imperfections par une chaine de production alimentaire industrielle parfaite à coup d’OGM, d’ajout de conservateurs, d’irradiation des aliments et… d’agents de saveurs !

Ce n’est pas sur la qualité du produit, les frittes de Mamie ou la supériorité du nouveau, un meilleur goût, que le publicitaire attaque mais sur le médiateur de l’existence même du produit. Il faut déstabiliser le rapport humain sur lequel se fonde toute culture pour le remplacer par un rapport marchand. Il faut déconnecter le plaisir de manger avec l’histoire de l’individu (la personne qui vous a fait découvrir ce plat, chez qui vous aviez l’habitude de le manger, la période pendant laquelle vous y aviez accès (les weekend à la campagne, les vacances…)…) bref un mélange affectif de votre vie personnelle avec la culture d’une société transmise par un membre de votre famille vous ayant précédé. Le publicitaire ne veut garder que le plaisir pour en faire une pulsion. Vous n’êtes plus alors qu’un consommateur doté d’un estomac qu’il faut satisfaire.

On pourrait craindre que les frittes chimiques n’avaient pas tout à fait le même goût, ce qui est évident puisque désormais qu’importe la saison ou la pomme de terre utilisé ou le pays où sont vendu les frittes : elles ont justement toujours le même goût ! En fait, c’est sans importance, le lien de transmission ayant été rompu, le goût sera perdu et remplacé par celui de la marque. Il suffira de refaire, de temps en temps, une nouvelle campagne publicitaire et annoncer un nouveau goût pour relancer l’intérêt et les ventes du produit.

Les cultures de chaque pays basculent ainsi dans l’homogénéisation globale de produits uniques à l’arrière goût de marchandise.

C’est cool le réchauffement climatique !

25 novembre 2009 par PeWeck

Je me souviens d’une phrase dans le film « Vous avez un message« , de Nora Ephron, qui était une reprise de « Vous avez une lettre » où le jeune et beau personnage masculin principal (Tom Hanks) répétait sans cesse « Le business c’est pas personnel ». Oui, forcément la multinationale de son père était en train de mettre en faillite la petite librairie de quartier de la fille (Meg Ryan) dont il était tombé amoureux…

Là, sur cette pub… le mépris du monde parle de lui même. Ceux qui pourront se payer des vacances aux Canaries en avion n’ont rien à craindre du réchauffement climatique. Ils changeront sans doute de destination si la monté des eaux inonde le rez-de-chaussé de l’hôtel de luxe dans lequel ils ont l’habitude de faire escale. Mais franchement que des pays entier disparaissent, qu’il y ai déjà 300.000 morts par an, que des millions de gens soient prochainement réduit à migrer du fait des inondations et des sécheresses qui toucheront leurs territoires, alors là, on en a strictement rien à foutre !

Un montreur d’ours viendra sur la plage faire son numéro, on lui donnera un petit pourboire, s’il est mignon on en profitera pour faire un peu de tourisme sexuel,  on prendra des photos avec son appareil numérique ou un film avec son camescope et on enverra tout ça sur Facebook pour montrer aux « amis » qu’on est vraiment les meilleurs !

Quel plaisir, tout de même d’être du bon côté de la planète et de pouvoir vivre au dépend des autres… Enfin, laissons la morale aux écolos, tant que les cadavres des migrants ne reviennent pas troubler la douce promenade avec ce magnifique couché de soleil…

David Sterboul

16 novembre 2009 par PeWeck

David Sterboul est mort le 15 novembre 2009… C’est très con…

Je n’ai plus que mes images à regarder, avec ses amis autour. J’ai encore en moi le son de sa voix, sa présence physique, son regard… J’essaie de me souvenir de tous les instants passés ensemble comme si tout allait s’effacer d’un seul coup. La peur de tout perdre, encore, fait paniquer.

Je ne sais pas pleurer mais j’ai la gorge serrée, j’aimerai savoir… savoir pourquoi… savoir ce qu’on aurait pu faire… savoir…

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Le fusible, c’est vous

8 novembre 2009 par PeWeck

Ah ! Si tous les clients pouvaient être comme cette jeune femme !

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C’est pas compliqué, soit elle dort dans son hamac, soit elle joue les équilibriste. Dans les deux cas, elle intéresse beaucoup les banquiers.

Quand elle dort, elle ne regarde pas trop ce qu’on peut faire de son argent. Financer une usine polluante, des délocalisations, acheter des actions pourries ou des panneaux 4 par 3 de pub dans le métro… On s’en fout comme elle dort, elle ne contrôle rien, ne pose pas de question et puis de toute manière elle n’a rien à dire.

Quand elle ne dort pas, on pourrait croire que c’est un peu plus compliqué, qu’elle pourrait nous tomber dessus ? Non, rien à craindre, regardez bien, elle cherche un équilibre. Remarquez bien, elle cherche toute seule. Avec toute la propagande qu’on finance, elle a fini par y croire à son autonomie, son pouvoir de décision, de choix sans compter ses rêves naïf d’enrichissement. Comme si elle pouvait gagner de l’argent avec tout ce qu’on distribue déjà aux actionnaires et aux traders…

La liberté pour elle, c’est de prendre les risques seule, nous regarde faire.

Parce qu’il y a une chose fondamentale quand on s’occupe de l’argent des autres, c’est de ne pas prendre de risque pour soi mais de les faire porter par les autres. C’est eux qui trinquent en cas de problème. Si on devait avoir une chute de la bourse, un effondrement de l’économie ou je ne sais quelle autre catastrophe qui serait le fusible dans l’histoire ? Qui ? Regardez bien les images, c’est pas nous qu’on serait cramé !

Boucler la boucle

21 octobre 2009 par PeWeck

Cette fois le monde n’a strictement plus aucune espèce d’importance… Un nouvel appareil photo… pour se photographier soi-même : l’imagination de ceux qui sont chargé de nos déshumaniser semble sans fin.

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Ça semblait pourtant bien parti. Chacun avec son ballon de couleur mais rapidement la fête sembla bien fade, totalement artificielle. Du coup, le repli sur soi devenait une évidence. Alors est apparu l’appareil à se photographier. Parce que l’appareil photo comme outil de découverte, de rencontre, d’effeuillage des apparences, de projection de soi sur le reste du monde, de tentative d’organisation, d’interrogation, de compréhension de nos sociétés ne sert plus maintenant qu’à se photographier le nombril.

Les autres n’ont plus d’intérêt, pourquoi encore avoir un projet de société ? Le monde a laissé des tas de villes magnifiques à visiter, il y a des milliers de paysages à consommer. Pourquoi encore se regrouper ? Pour exiger quoi, quand il existe des réductions avec mes points fidélité pour partir loin de la grisaille du travail quotidien ?

Non décidément, rien ne vaut soi-même. Et pas question de demander à qui que se soit dans la rue de nous photographier, des fois qu’il partirait avec l’appareil !

Déjà, avec les appareils numériques, l’œil s’était éloigné de l’appareil pour ne plus être que le télé-spectateur de l’écran de la machine, désormais, l’écran ne renvoi plus que l’image serrée de soi-même. Le nombril est l’ultime horizon de nos médiocres vies connectée sur le grand fichier social.

Nous nous sommes « transformé en « mini-photoreporter » de [notre] propre vie, qu’il s’agisse d’immortaliser un événement ou d’exposer [notre] vie sur Facebook » comme l’annonçait, toute excitée, une commerciale pour le Salon de la Photo 2009.

Après avoir consommé le monde, il reste à se consommer soi-même.

La dernière grande aventure humaine est devenue, grâce à l’amplification de multiples prothèses numériques, l’exploration de nos vides intérieurs. Les villes sont muséifiées, le lait a toujours le même goût quelque soit la saison et l’Homme va finir racorni, desséché, vidé de son âme. Il ne peut même pas prétendre revenir à l’animal.

L’Homme du XXI° siècle est obsolète.